Quelle stratégie l’UMP doit-elle adopter aux prochaines élections législatives?

Un vote sous tension?

Après la défaite de Nicolas Sarkozy, battu il y a une semaine avec un score de 48,4% (au passage plutôt un bon score au regard des sondages et de l’anti-sarkozysme primaire), l’UMP doit se remettre en ordre de bataille pour les prochaines élections législatives en juin.

En effet, rien n’est perdu pour l’ancienne majorité présidentielle en vue de ce nouveau combat même si elle part clairement en position d’outsider. La victoire de Hollande n’est pas si écrasante que cela, la France n’a pas forcément un « désir » de gauche et la droite républicaine est débarrassé du « boulet » Sarkozy qui a sûrement coûté la victoire à la droite. Il est intéressant de souligner que 55% des électeurs de Hollande ont voté pour celui-ci d’abord pour « écarter » Sarkozy du pouvoir. Un petit rappel enfin: Le Parti Socialiste est arrivé en tête au second tour de l’élection présidentielle dans 333 circonscriptions et la droite dans 244.

Quelle stratégie doit adopter l’UMP? Le vrai problème pour le parti de la droite républicaine n’est pas la gauche, mais bien le Front National et plus précisément le nouveau « Rassemblement Bleu Marine », qui aborde les législatives en position d’épouvantail prêt à couper de nombreuses têtes. Je ne parlerai pas du Modem dans cet article, qui pour moi s’est suicidé politiquement après l’annonce de son chef François Bayrou de voter à gauche, même si la décision était « personnelle ». Que faire donc face à la montée du FN et donc en cas de triangulaire qui opposerait UMP, PS et FN? (je rappelle qu’un candidat est au deuxième tour s’il rassemble au moins 12,5% des inscrits au premier tour, la participation est donc primordiale). Pire, que faire si le deuxième tour oppose la gauche et le FN, laissant à l’UMP un choix cornélien. L’UMP doit elle adopter la posture du front républicain, c’est à dire voter forcément contre le FN au deuxième tour, autrement dit voter socialiste ? Ou bien adopter le choix du « ni-ni », laisser libre ses électeurs choisir entre la gauche et le Front National ?

Ma position est très claire: l‘UMP ne doit pas choisir entre la gauche et « le Rassemblement Bleu Marine » au deuxième tour. Je vais maintenant m’expliquer. Si j’avais dû choisir à l’élection présidentielle entre François Hollande et Marine le Pen, je n’aurais pas hésité une seconde et aurais voté François Hollande, un socialiste très respectable et qui plus est moins « dangereux » que nombre de ses amis du parti. Au niveau économique, le programme d’Hollande est certes mauvais (de mon point de vue) mais largement meilleur que celui de Madame Le Pen. En termes de valeurs, la question ne se pose même pas: celles de la gauche sont largement plus respectables que celles de l’ « extrême droite ». Alors pourquoi est-ce que je pense que l’UMP ne doit pas choisir entre ces deux forces politiques?

Plusieurs raisons. La première serait qu’il ne me choquerait pas que le FN, un parti qui pèse pour 18% de l’électorat français, soit représenté à l’Assemblée nationale. Je trouverais ça plutôt normal, même si on peut être totalement en désaccord avec les idées de ce parti. Deuxièmement, si l’UMP choisit le candidat socialiste au second tour, on aura en France une vague rose aux législatives, qui n’aura pas loin de 400 députés, ce qui n’est en aucun cas souhaitable. En effet, je préfère que le PS ait une faible majorité et que l’Assemblée nationale soit plus représentative, que d’avoir une majorité écrasante de gauche. Enfin, si l’on ne souhaite ni l’un ni l’autre, on ne vote pas, il peut donc paraitre naturel de ne pas donner de consignes de votes et de laisser ses électeurs libres de leurs choix.

Voila pourquoi je pense qu’une cohabitation en France peut être la solution pour éviter que la crise ne dérape et ne débouche sur un scénario grec en France. Si ce n’est pas le cas, je souhaite bonne chance à la future majorité de gauche en espérant qu’elle ne déçoive pas trop le peuple et qu’elle redresse le pays du mieux possible.

Source image : L’express

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Charles Derrac

Passionné de politique, d'économie et de sport.

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  • Thib130393

    Position difficile pour l’ump, soit jouer la stratégie et tenter de contrer la vague socialiste, sinon à terme nous pourrions la fatalité de la droite française, qui profitera de façon malencontreuse à l’extrême droite française. Les prochains mois seront décisifs pour l’avenir de l’UMP

  • Charlesderrac

    je ne pense pas qu’il y ai un risque d’implosion de la droite républicaine. Elle reste forte et présente dans le pays. On voit d’ailleurs que les premiers sondages pour les législatives lui donnent de bien meilleurs résultats que le score de Sarkozy au second tour, preuve que la défaite de la droite est en grande partie du à lui… Dommage car il était un grand homme politique
     

  • Thomas V.

    Ce qu’il faut savoir, c’est que les ténors de l’UMP, bien qu’ils affichent une forte unité, se préparent doucement à une future « guerre des chefs » qui se profile après les législatives. L’ambiance, derrière les sourires un peu forcés est tendue : le premier qui dégaine se fait aligner.

    Concernant les reports des voix en cas d’un second tour PS/FN, NS: Pendant l’entre-deux tours, j’ai juste halluciné de voir l’absence totale de réactions des partisans de la droite face à la reprise des thèmes du FN concernant l’immigration, à la limite de la xénophobie. Par réaction, je ne parle pas de remise en question du choix du candidat, mais simplement d’une interrogation, d’un désaccord sur la question. 
    J’espère sincèrement que cela n’était pas dû à une acceptation de ces idées, mais seulement à un désir de vouloir voir son candidat élu coûte que coûte. 
    Si tel et le cas, alors les reports de voix vers le FN ne devraient pas être massifs de la part de la droite en cas de duel PS/FN.

    Par ailleurs, la personnification de l’UMP que tu fais tout au long de l’article cache le fait que même si un électeur de droite accepte l’idée que le FN doivent être représenté, va-t-il accepter en conscience lors du vote, que c’est lui qui a appuyé le FN, avec les « valeurs » qu’il colporte?

    Enfin, personnellement je ne pense pas qu’une cohabitation à cette heure ci soit une bonne idée. Je m’explique. Que l’on ait été pour ou contre François Hollande, il a été élu président, et il est pour moi normal qu’il puisse mettre en oeuvre le programme pour lequel il s’est fait élire. Une majorité à droite au parlement entraînerait une impossibilité pour le pouvoir nouvellement élu de gouverner convenablement, dans un contexte de crise, notamment européenne, très fort.
    La droite parle souvent de la nécessité de contre-pouvoir fort: je suis d’accord, dans la mesure ou il est légitime de pouvoir réguler le pouvoir en place. Mais j’ai bien peur que cette majorité à droite au parlement ne servirait qu’à barrer systématiquement la voie à la gouvernance en place.

    Par ailleurs, je ne pense pas (et je n’espère pas!) qu’Hollande soit du genre à faire passer des lois sous le coude, comme a pu le faire la droite ces 5 dernières années (Parmi les exemples me venant en tête: la loi passée récemment, 15 jours avant le procès de l’Eglise de scientologie qui retire désormais la possibilité de dissoudre les organisations morales, ou encore la loi qui permet à tout député de pouvoir prétendre au diplôme d’avocat sans même devoir passer un diplôme d’équivalence).

    Enfin, pour finir, je me ligue entièrement contre ce pseudo-argument du « on va finir comme la Grêce », ou autres « Dans 1 an vous allez chialer »! Il est vraiment trop facile. A croire que bon nombre de partisans de la droite préféreraient voir la France s’effondrer par simple plaisir de satisfaction, d’avoir eu raison sur le candidat que l’on a pas supporté, plutôt que de soutenir la France et vouloir la voir réussir, quand bien même ce n’est pas la force politique que l’on supporte qui l’a permis. 

  • Charlesderrac

    Je pense que la dé diabolisation a bien marché pendant la campagne et donc que beaucoup d’idées de MLP sont presque devenus « normal » auprès de l’électorat de droite (bien que sa me désole). Donc je pense qu’un électeur de droite lambda n’aura pas ou peu de problème de voter FN… La question de savoir comment en est on arrivé là est un autre problème…

    Je te rappelle par ailleurs que si cohabitation il y a, le gouvernement sera de droite, seul le président restera de gauche, donc la paralysie sera moins forte que ce que tu en crois.

    Je n’espère pas un scénario grec pour la France, mais je le redoute… D’ailleurs si tu lis ma dernière phrase et le reste de l’article, je reste très sympathique avec Hollande et lui souhaite tout le meilleur, bien que je n’adhère pas à ses idées pour y arriver :p