Le développement de l’E-sport depuis les années 90 à aujourd’hui

Prologue

L’E-sport est un sujet qui me tient très à cœur au vue de la mauvaise presse qui est faite à l’industrie du jeu vidéo depuis plusieurs années. Combien de fois a-t-on pu lire des articles traitant de fais divers affreux rejetant la faute sur les jeux vidéo, sans même prendre le temps de réfléchir à d’autres éventualités ? La population ressent un tel besoin de trouver un coupable dans ce genre de situation qu’elle se tourne vers la facilité et cela retombe souvent sur le jeu vidéo lorsque l’on apprend que la personne accusée est un « gamer ».

Pour illustrer cette pensée je voudrais citer l’affaire Breivik en Norvège où l’extrémiste avait tué 77 personnes. Dès le lendemain de son arrestation, on pouvait lire dans les journaux que Breivik jouait au jeu online World Of Warcraft et les médias ont eu tôt fait de faire le lien entre l’action meurtrière du Norvégien et son implication dans ce jeu video dont le but est de tuer des créatures virtuelles. Lorsque par la suite on apprend que Breivik était un réel extrémiste membre d’un groupe néo-nazi, le jeu vidéo parait une cause bien mince pour justifier ses actes. Quel lien avec l’E-sport vous me direz ? L’E-sport est pour moi un témoin que l’industrie du jeu vidéo ne comporte pas que des caractéristiques négatives et l’engouement de plus en plus fort d’associations, de communautés et même d’entreprises dans cette pratique permet de dévoiler certaines des vraies vertus et qualités de ce sport.

La plupart de la population pense aux « no-life » quand ils entendent le mot jeu vidéo ? Personnellement je pense à la performance que l’on peut atteindre et au business qui est en train de se monter autour de l’univers de l’E-sport.

Définition de l’E-sport

Je voudrais commencer cet article en définissant précisément ce qu’on appelle communément l’E-sport, ou le sport électronique. L’E-sport a été défini comme un « sport » à part entière en 1997 lors de la « Cyberathlete Professional League » et consiste en l’affrontement de plusieurs équipes (plus souvent appelées « Team ») dans un tournoi sur un jeu vidéo bien précis. Bien sûr, on ne peut pratiquer l’E-sport sur tous les jeux existants dans le monde : créer un tournoi sur les Sims n’a absolument aucun intérêt. Il faut que le jeu soit orienté online et qu’il possède une donnée compétitive : un objectif à accomplir face à des adversaires pour gagner. Dans un jeu tel que les Sims, on ne peut pas « gagner la partie » : il n’y a pas de notion de compétition.

Comme l’E-sport est réservé aux jeux online, les tournois se font exclusivement via internet et au cours de ce que ce que l’on appelle des LAN party. Une LAN est un évènement sportif qui regroupe les meilleurs joueurs du monde pour participer à des tournois. La plupart des grandes LAN connues sont multi-gaming, c’est-à-dire qu’elles regroupent plusieurs jeux lors de ces évènements. Aujourd’hui, on peut retrouver des milliers de personnes  au cours de ces évènements en comptant les organisateurs, les joueurset les spectateurs/supporters. La plus grande LAN du monde est la DREAM HACK qui se déroule deux fois par an et qui dure 96h sans interruption ! 

  Dreamhack 2004

Comment s’est développé l’E-sport au fil des années ?

Comme dans tous les sports, deux facteurs sont importants pour qu’une discipline se développe rapidement : la passion d’une communauté et bien sûr l’argent. Il ne faut pas se mentir, l’argent joue un grand rôle.

L’expansion de l’E-sport, bien que ce dernier ait été créé en 1997, connaît un grand bond grâce à l’éditeur et développeur Blizzard qui, à partir de 1991, développe des jeux mondialement connus comme Warcraft (I, II et III), World of Warcraft, Starcraft (I et II), Diablo (I, II et III). Le génie de Blizzard tient dans le fait que tous ses jeux développés depuis les années 90 regroupent l’ensemble des caractéristiques nécessaires pour les rendre viables sur la scène de l’E-sport : ils sont compétitifs, attrayants pour la communauté gamer et surtout difficiles à maîtriser parfaitement. Pour devenir un joueur professionnel, il faut un entrainement constant et des capacités énormes de rapidité, de reflexes, d’endurance, et de multi-tasking (capacité à gérer plusieurs tâches dans un laps de temps très court). Peu de joueurs sur terre peuvent prétendre au titre de professionnel. Prenons comme exemple la Corée du Sud. La Corée du Sud a une réputation de qualité en ce qui concerne l’E-sport : à la place de diffuser les matchs de foot ou de rugby comme chez nous en France, les chaines télévisées diffusentdes compétitions de haut niveau d’E-sport car ils ont d’excellent joueurs qui peuvent jouer jusqu’à 14h par jours sans même broncher !

Lors des IEM de Cologne en 2011 (une des plus grandes LAN au monde) où je suis allé en tant que rédacteur pour une plateforme multi-gaming, j’ai suivi un joueur coréen de Starcraft II (qui a d’ailleurs gagné le tournoi). Il a pu jouer pendant 22h d’affilée en faisant uniquement des micro-siestes entre deux parties… Cela vous donne une idée de l’implication des sud-coréens pour l’E-sport, quelque chose qui nous parait complètement irréel en France.
Le vrai développement de l’E-sport a commencé pour moi lors de la sortie du jeu Blizzard « Warcraft III » en 2002. Des joueurs professionnels ont commencé à être sponsorisés par des marques informatiques telles qu’Alienware, Razer, ou MSI. C’est à ce moment-là qu’une économie a commencé à se créer autour de l’E-sport : les marques informatiques ont compris que les milliers de joueurs formant la communauté de l’E-sport sont en fait leur cœur de cible et sponsoriser ces joueurs leur permet d’être visibles auprès de leurs clients très efficacement. Après des débuts prudents, ce n’est qu’en 2010 avec l’arrivée de Starcraft II que les sommes d’argent investies font un bond astronomique. Un joueur, en gagnant certains tournois, peut gagner jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Cette somme est bien sûr redistribuée entre le joueur et son équipe en fonction des termes de son contrat, mais le montant reste extrêmement élevé. En France, c’est l’équipe multi-gaming Millenium qui a pour la première fois en 2011 engagé un joueur en CDD à plein temps : ils ont officiellement créé le statut de joueur professionnel. Cela ne s’était jamais vu  en France auparavant !

Dans la continuité, le développeur RIOT du jeu vidéo « League of Legends » annonça une saison de tournois pour leur jeu, allant jusqu’à 5 millions d’euros de cash price pour 2011 et 2012, et le développeur VALVE du jeu vidéo « Dota II » une saison à 1 million d’euros. En l’espace d’un an, les sommes que peuvent gagner les joueurs professionnels ont explosé ! Beaucoup de gens peuvent penser que cela va se passer comme pour le football : l’argent et l’argent avant tout ; on ne joue plus car on est passionné, mais parce que cela rapporte de plus en plus, et  on pourrait être tenté de leur donner raison au vu des cash price de plus en plus importants au fil des années (même si on est encore loin du compte). L’évolution de rentrée d’argent est monstrueuse pour le moment car le marché est en pleine expansion mais cela devra bien ralentir à un moment donné. Les joueurs sont passionnés par ce qu’ils font (il le faut bien quand ils passent 8h minimum dessus par jours) et ils nous régalent par un magnifique jeu de haut niveau.

L’E-sport n’est-il que pour les no-life ? Les jeux-vidéo sont une addiction à combattre ? Après cette brève mise en avant de la scène E-sport, j’espère pouvoir faire changer d’avis certaines personnes en leur montrant qu’il y a beaucoup plus qu’une simple addiction derrière cet univers passionnant.

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Guillaume BOVET

Actuellement en 4ème année à l'ESSCA, je suis passionné de E-sport et de musique. J'ai débuté mon hobby de rédacteur sur des plateformes multi-gaming internationnales pour ensuite me diriger vers la rédaction libre.

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  • Vincent Le Goff

    Article cool, j’aurais jamais pensé que tu puisses lâcher Diablo 3 pour nous pondre un article sur le site. Moi je dis, chapeau!

    Ps: Ken Bogard > Pomf et Thud, de même que: SF2 > SC2

    • Guillaume BOVET

      Alors deja Ken Bogard < Pomf et thud DE LOIN 😮 Ensuite t'inquiète j'ai un pavé sur diablo III qui est prêt là résumant toute la sortie mes impressions sur le jeu les prévisions des développeurs etc 😀 Pas fou le mec ! 😛

      • Vincent Le Goff

        Je vois que tu es complètement possédé par le démon…
        Plus sérieusement, je suis plus admiratif de Bogard du fait qu’il soit seul à commenter. En plus de ça, je trouve qu’un match de Street Fighter est beaucoup plus dur à commenter qu’un versus sur SC2: les matchs sont courts et intenses ce qui demande plus de concentration. Et puis je préfère l’humour de Ken aussi.
        Comme on dit, on ne discute pas les goûts et les couleurs… même si je reconnais que Pomf et Thud font de l’excellent taff. Mais bon, se faire battre deux fois par l’équipe de Gamekult…ahahahaha

        • Guillaume BOVET

          Alors le je suis tellement pas d’accord avec toi …. xD Bogdar a un bon humour oui mais franchement street fighter IV de base c’est CHIANT a regarder xD Et tu as un seul écran à regarder donc franchement à commenter quand tu connais bien els techniques ça doit pas être dur même si c’est rapide. Quand tu commentes du SC2 tu dois regarder les 2 joueurs en même temps, voir ce qu’ils produisent, voir ce qu’ils construisent, voir les mouvement et déplacements qu’ils font, deviner les builds qu’ils sont en train de faire, expliquer pourquoi un tel choisi cette unité alors que l’autre fait ça etc etc etc. Les mecs ont 200-300 APM de moyenne ils font tellement de choses en même temps et tu n’as pas qu’un seul écran : les maps sont très grande et c’est vraiment dur de tout gérer. Franchement SC2 est l’un des jeux les pires à commenter alors que street fighter doit être l’un des plus simple 🙂

          Après le choix des commentateurs c’est vrai chacun ses goûts et je me surprend de passer quelques heures sur le stream de bogard parfois mais streat fighter me fait juste CHIER très vite xD Et puis j’aime bien que se soit une team qui comment et pas juste une personne, sinon ça fait un peu comme bob le gob 🙂