La France en perte de repère

Ce fut le suspense le plus long, le plus insoutenable, le plus insupportable de ma vie.

Je vous rassure, je déconne.

Rarement résultat n’a été autant prévisible… Autant en 2002, Le Pen avait créé la surprise en passant au second tour, permettant à son opposant, Jacques Chirac, de réaliser le plus haut score au second tour des présidentielles de la 5ème république (82% des voix au second tour). Autant en 1974, la télévision avait permis à Valérie Giscard D’Estaing de se propulser à la présidence après avoir marqué les esprits par son devenu très populaire « Vous n’avez pas le monopole du coeur », lancé à Miterrand lors du débat d’entre deux tours (tenu le 10 mai).

Un des (nombreux) photo-montages de l’image de slogan de Sarkozy

Autant cette campagne a été conditionnée. Elle EST conditionnée. Parce que les médias l’ont voulu ainsi. Parce que ça a l’air de vendre. Cette campagne, il faut tout de même être aveugle pour ne pas le reconnaître, est d’une violence inouïe contre l’actuel président de la république, Nicolas Sarkozy. Non que je n’éprouve la moindre sympathie pour le candidat sortant, mais j’ai été gêné de devoir suivre la campagne en lisant des journaux partisans, ne cherchant même plus à maintenir une quelconque objectivité journalistique. Les votants devraient pouvoir accéder à une information moins politisée à des périodes si importantes.

Que retenir de cette campagne ? Hollande et Sarkozy au second tour, aucune surprise. Hollande en tête, ce n’était pas gagné, mais cela conforte son avance et démontre une fois encore l’antisarkozysme ambiant. Mais ce qui me frappe le plus, c’est qu’aujourd’hui en 2012, plus d’un tiers de la France a voté aux extrêmes. Oh c’était bien sûr annoncé par les sondages, mais ça fait toujours un choc. Que plus d’un tiers de mes compatriotes adhèrent à des idées telles que la sortie de l’Euro (Le Pen), à un smic à 2700 euros (Mélenchon), voire même une interdiction totale de licencier (Poutoux) me sidère. La France doit vraiment être en perte de repère pour se retrouver dans un tel état.

La France, c’est un pays de râleurs, un pays de « gaulois », un pays « aux milles fromages », un pays de « frondeurs » (nouveau mot que j’aime bien et qu’emploie Sarkozy à chacune de ses interviews : peut-être une nouvelle forme de message subliminal. Mais je m’égare…). Un pays qui s’étonne que l’Etat doive rembourser ses dettes, et qui s’en plaint. Un pays qui se met en grève contre une réforme des retraites, alors que nous vivons chaque année plus longtemps. Dans cette campagne, peu de promesses ont été faites, ce qui en soit est une preuve de respect adressée au Français. S’il y a une chose dont on peut aujourd’hui être certains, c’est que les 5, voire les 10 prochaines années ne seront pas folichonnes. C’est réellement cette morosité, cette absence de saveur dans la campagne  qui poussent à voter aux extrêmes, plus toniques, plus énergiques, plus originaux, oserais-je même ! Le pauvre Bayrou, qui selon moi avait le programme qu’il fallait pour les 5 prochaines années (on peut le résumer par : REDUCTION DES DEPENSES) s’est fait laminer ! Pourquoi ? Pas attrayant : les Français lui préfèrent un Mélenchon ou une Marine Le Pen.

Sur 3 Français rencontrés au supermarché, l’un d’entre eux aura voté aux extrêmes… Ca fout les boules…

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Louis Derrac

Responsable Développement Éducation chez Tralalere, je suis passionné par l'éducation, la politique et adeptes de débats sans fins.

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  • Vincent

    Je suis en partie d’accord avec toi sur le fait que Bayrou avait le programme le plus réaliste et peut-être même le plus adapté à la situation dans laquelle nous sommes. Seulement, outre les différents pouvoirs que lui confèrent sa fontion, le président a aussi un rôle de représentation et se doit, dans une certaine mesure, de « faire rêver » ses concitoyens, d’avoir une présence qui en impose. Et force est de constater que Bayrou bah c’est le niveau zéro du charisme et de l’enthousiasme. À chaque fois que je le vois, je n’ai qu’une envie c’est de lui glisser un peu d’ecsta dans son verre pour le voir bouger un peu plus. D’autant que, d’après moi, il a eu une équipe de campagne aussi énergique et percutante que la mêlée de l’équipe de rugby japonaise. Bref, Bayrou c’est surement très bien mais ça ne vend pas une once de rêve. Dommage.

    • On est entièrement d’accord 🙂 Allez j’accepte ton commentaire !

  • Charlesderrac

    moi aussi je suis totalement d’accord avec Vincent. Bayrou avait avec Sarkozy les programmes les plus réalistes. A croire que les francais préfèrent le rêve au réel; à raison ou à tord.  Plutôt à tord car si dans quelques mois ou années, on est dans la merde, ils vont regretter Sarkozy… ou pas d’ailleurs. Je partage avec beaucoup de gens du centre sur twitter et donc fan de Bayrou, le fait qu’il n’ai pas de charisme ne semble pas les gêner mais pour le francais lambda je pense que ca joue un rôle quand même important… même si je trouve que Hollande a beaucoup moins de charisme que ne l’avait Sarkozy