La chute des prix du pétrole ne relancera pas l’économie française en 2015

 

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Les prix du pétrole ont été divisé par deux en six mois  Source: flickrSS

La baisse de l’euro et le risque déflationniste sont autant d’aspects qui pourraient freiner l’effet positif de la baisse des prix du pétrole sur la croissance française.

En à peine six mois, le prix du pétrole a plus qu’été divisé par deux. Le prix du Brent ne valait plus que 48$ ce vendredi 23 janvier, contre plus de 100$ en juin 2014. Peut t’on imaginer que cette baisse du prix du pétrole sera bénéfique à la croissance ?

« La baisse des prix du pétrole est un stabilisateur pour la croissance», estime Véronique Riches Flores, du cabinet RF Research. Conséquence directe de la diminution de la facture pétrolière, la baisse des prix rend du pouvoir d’achat aux ménages et allège le coût des entreprises, relançant consommation et investissement. Du moins en théorie… Car la situation actuelle en France et dans la zone euro est exceptionnelle. La baisse de l’euro renchérit le coût des importations, diminuant de fait l’effet positif de la baisse des prix du pétrole. Plus important encore, le risque de déflation se fait de plus en plus menaçant. L’Insee a récemment prévenu que l’indice des prix à la consommation ne devrait progresser que de 0,1% au premier et deuxième trimestre 2015 en France.

Le rôle clé des anticipations

Dans ces circonstances, la chute des prix du pétrole n’est peut être pas une si bonne nouvelle. « Ce sont d’abord les anticipations d’inflation qui risquent d’être aggravées par la baisse du prix du pétrole », explique Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac, dans un entretien au Monde. Dès lors, il n’est absolument pas certain que les agents économiques décident soudainement de consommer ou d’investir. La baisse des prix du pétrole n’a donc que peu de chance de relancer l’économie française dans les prochains mois à venir.

A terme, la relation est beaucoup plus nette. Selon les prévisions du FMI, la baisse des prix du pétrole devrait booster la croissance dans le monde de plus de 0,5 point de PIB en 2015 et 2016. En France, l’Insee estime que la baisse conjuguée de l’euro et des prix du pétrole rehausserait la croissance de 0,4 point d’ici le deuxième trimestre 2015. Pas de quoi cependant faire reculer le chômage. Décidément, le retour à la croissance ne sera pas un long fleuve tranquille.

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Charles Derrac

Passionné de politique, d'économie et de sport.

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