Gandhi

« An eye for an eye only ends up making the whole world blind. », Gandhi

(Oeil pour oeil et le monde finira aveugle)

Il est des films où le titre n’a besoin que d’un mot pour captiver un auditeur : Gandhi en est certainement la plus belle représentation. Ce film relativement vieux puisque sorti en 1982 et récompensé de 8 oscars relate l’histoire terrible, complexe mais également passionnante de l’indépendance de l’Inde au travers de l’un de ses plus fameux protagonistes, Mohandas Karamchand Gandhi.

Le film commence avec l’assassinat tragique de Gandhi en 1948 à New Delhi puis remonte le temps jusqu’en 1893 en Afrique du Sud, où Gandhi est employé comme avocat par une société indienne. D’origine aisée sans toutefois appartenir aux plus hautes castes indiennes, Gandhi a étudié le droit à Londres avant d’obtenir son diplôme et de repartir en Inde. Trop timide pour oser parler en public, il peine à se dénicher un emploi stable, et accepte l’opportunité de partir travailler en Afrique du Sud. Il y découvre un pays dirigé par des colons d’origine européenne pratiquant une ségrégation envers toutes les populations indigènes. La communauté indienne d’Afrique du Sud en fait partie.

Un des premiers discours de Gandhi en Afrique du Sud

C’est en étant témoin et pris à parti de cette discrimination quotidienne que Gandhi va développer ses opinions politiques, éthiques ainsi que ses qualités de leadership. Lorsqu’en 1906, le gouvernement sud-africain promulgue une loi stipulant que chaque indien doit être enregistré, Gandhi mène sa première révolte pacifique, selon la méthode spirituelle du Satyagraha qu’il ne cessera de pratiquer par la suite. Des milliers d’indiens participeront à manifestations pacifiques et seront emprisonnés, torturés, tués au cours des violentes répressions du gouvernement. Gandhi lui-même sera emprisonné. L’opinion publique tourne à l’avantage de la communauté indienne et s’indigne des mauvais traitement que le gouvernement leur fait subir. C’est la première victoire de Gandhi, qui négociera avec le dirigeant sud-africain Jan Christiaan Smuts la fin des répressions et l’annulation de la loi.

Le film met moins en avant l’active implication de Gandhi à l’effort de guerre britannique. Sa philosophie est que si les Indiens souhaitent obtenir leur indépendance, ils doivent d’abord la mériter. Gandhi sera pendant quelques mois chargé d’un détachement d’indiens volontaires lors de la guerre entre l’Angleterre et le royaume Zoulou (ancien état composant une partie de l’actuelle Afrique du Sud). Il renouvellera son support à l’empire britannique au cours de la première et de la seconde guerre mondiale, à chaque fois afin de plaider la cause d’une Inde libre et indépendante, mais aussi parce qu’en son fort intérieur, on ne peut réclamer que ce que l’on a mérité.

L’histoire de Gandhi est bien trop riche pour faire l’objet d’un seul article, bien trop riche même pour être honorée dans un seul film, dût-il durer 3 heures (durant lesquelles vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer). Gandhi est l’histoire d’un homme qui a bravé une des plus grandes nations du monde armé de son seul Khadi (tissu typique indien tissé à la main) et d’une volonté sans faille. Gandhi est l’histoire d’un homme qui aura été emprisonné une dizaine de fois dans sa vie, aura sacrifié sa santé à plusieurs reprises (il jeûnera plusieurs semaines avant que ne cessent les violences entre Hindous et Musulmans au moment de la partition), aura toujours tendu la joue gauche à qui se prenait plaisir à lui frapper la joue droite.

Pour ma part, Gandhi est non seulement un film qui m’a fait (re)découvrir l’Inde, son histoire, sa complexité, son formidable héritage, mais également une autre forme de protestation sans violence, basée sur le principe que s’il est facile de rendre les coups qu’il nous sont fait, il est bien plus difficile de les accepter et de pardonner. Comme disait Gandhi : « en opposant la haine à la haine, on fait que la répandre, en surface comme en profondeur ». A méditer…

Crédit photo : IMDB

Imprimer cet article

Louis Derrac

Responsable Développement Éducation chez Tralalere, je suis passionné par l'éducation, la politique et adeptes de débats sans fins.

Vous aimerez aussi...

  • Guillaume Bovet

    J’ai peur que ça regroupe tous les clichés du monde ….

    • Le film ? Il est biographique. Développe 🙂

      • Guillaume Bovet

        Oui j’ai bien compris en lisant ton article mais même si un film est biographique, on peut choisir de le tourner à sa façon. Ce que j’ai peur de voir à l’écran comme je disais dans mon commentaire du monde, c’est qu’on simplifie énormément son personnage en le présentant comme le sauveur rebelle anti-violence comme on nous le présente au collège et que ça n’aille pas plus loin ^^

        • Le film va beaucoup plus loin et a une approche critique vis-à-vis à la fois du colonisateur britannique mais aussi des Indiens. J’ai trouvé qu’il mettait réellement en lumière beaucoup des difficultés de l’époque, beaucoup d’éléments qui sont trop facilement oubliés, comme le réel problème religieux et communautaire en Inde, encore aujourd’hui
          Certes, le film a tendance à sanctifier le personnage de Gandhi, mais tout le monde s’accorde à dire qu’il a réellement vécu comme un sain. Dès lors, où est le mal?

  • Pingback: Gandhi, un homme qui influença le monde entier | Omalaya()