Euro 2012: La France à la conquête du titre

Quelques jours après le premier match des Bleus à l’Euro face à une équipe d’Angleterre diminuée, certaines interrogations concernant le jeu de notre équipe restent en suspens, notamment concernant sa capacité à produire du beau jeu. Cependant, des motifs de satisfaction se confirment depuis les matchs de préparation et laissent espérer un heureux dénouement à l’issue de la compétition. Il faut y croire. Non pas par pur esprit chauvin (même s’il y a peut-être un peu de cela) mais parce que cet Euro semble totalement indécis, d’autant que l’équipe de France nous a montré qu’elle pouvait produire le pire comme le meilleur d’une compétition à l’autre. Cette année est la bonne. Essayons de voir les raisons d’un succès possible.

En ce début d’Euro, tous les espoirs sont permis

Invaincue depuis 22 matchs, l’équipe de France est (maître Yoda sort de ce corps). C’est une vérité à prendre en compte si l’on veut analyser le jeu et les résultats des Bleus à l’orée de cet Euro. Cela témoigne non seulement d’une faculté à ne plus perdre, que ce soit en matchs de qualification ou en matchs amicaux, mais surtout cela apporte une confiance à un groupe qui en avait plus que jamais besoin après la Coupe du monde 2010. Seulement, si les Bleus ne perdent plus, ils sont tout aussi incapables de produire un jeu agréable à regarder mais surtout efficace en attaque. Est-ce un motif d’inquiétude pour cet Euro ? Non car la situation a bien évolué depuis les trois matchs de préparation disputés le mois dernier.

En effet, certes la victoire face à l’Islande s’est faite dans la douleur (3-2 après avoir été mené 2-0…), au moins les Bleus ont tenté et en ont rentré trois. C’est déjà ça. Notre défense, qui a été notre point fort durant les qualifications, est tombée à l’eau face à une bien maigre attaque islandaise. Est-ce un nouveau motif d’inquiétude ? Toujours pas, car nos chers tricolores ont tout de suite su rectifier le tir. Les victoires 2-0 face à la Serbie et 4-0 face à l’Estonie ont démontré que non seulement la France pouvait bien défendre, mais surtout qu’elle pouvait bien attaquer en alliant rapidité d’exécution offensive et efficacité devant le but. Enfin ! Cela faisait deux ans que l’on attendait ça. Et pour une fois on ne s’ennuyait pas en regardant notre équipe. Alors oui, ce n’était pas l’Espagne ou le Brésil, mais si l’on n’arrive pas à bien jouer face à de petites équipes, comment en serions-nous capables face à des gros calibres ?

C’est donc forts de ces performances et dans une ambiance qui, d’un point extérieur, semble excellente au sein du groupe que nous arrivions en Ukraine.  Oui mais voilà, c’est une autre paire de manches qui nous attendait pour le premier match des poules avec cette équipe d’Angleterre. Malgré de nombreux forfaits, la perfide Albion reste une équipe redoutable, d’autant plus que contrairement aux compétitions précédentes, elle aborde celle-ci en ne se faisant guère d’illusions quant à sa capacité à la gagner. Au terme d’un match sans grande intensité, les deux équipes se sont quittées sur un score nul de 1-1. Les Bleus n’ont pas été impressionnants, loin de là. Surtout lorsque l’on compare son jeu à celui de l’Espagne ou de l’Italie qui s’étaient affrontés la veille (score final : 1-1). Cependant, mon optimisme naturel me pousse à appuyer certains aspects positifs de la rencontre.

Oui les Bleus n’ont pas réussi à être très dangereux devant les cages de Joe Hart. Et oui notre activité offensive manquait de vivacité notamment durant la dernière demi-heure du match alors que nous contrôlions le ballon. Mais il faut bien voir que la tactique mise en place par Roy Hodgson était clairement tournée vers la défense et le contre. Avec un 4-4-2 dont la stratégie offensive était basée sur la rapidité de ses attaquants et latéraux avec Welbeck, Young ou Chamberlain, rapidité qui pouvait être exploitée par deux excellents relayeurs en la personne de Gerrard et Parker, l’Angleterre avait clairement l’intention de jouer en contre. Qui plus est, les British ont défendu très bas durant toute la rencontre avec, à plusieurs reprises, pas moins de huit joueurs dans leurs trente derniers mètres.

Dans ce cas, pourquoi Laurent Blanc n’a-t-il pas fait rentrer des joueurs à vocation offensive plus tôt ?  Pourquoi s’est-il contenté d’un match nul ? Même si l’on peut être déçu de ne pas avoir gagné au vu du match, les raisons de ce nul voulu semblent tout à fait légitimes. En fortifiant le secteur offensif, Laurent Blanc exposait notre équipe en défense et notamment sur des contre-attaques. On retrouve l’éternel débat entre la peur de perdre et la prise de risque pour gagner. Seulement le contexte nous pousse à adhérer aux décisions du sélectionneur. On l’a dit, l’équipe de France est en confiance depuis un moment. C’est un groupe tout frais et un nouveau projet qu’essaye de mettre en place le staff des Bleus. Ce groupe n’a jamais disputé de compétition ensemble, et commencer par une défaite aurait été désastreux pour le mental de l’équipe. De plus, un nul face à l’Angleterre n’est jamais un mauvais résultat. Enfin, il y a sans doute chez le sélectionneur cette recherche d’une montée en puissance de son équipe au fur et à mesure de la compétition.

Et puis il y a eu du bon dans cette rencontre. On a retrouvé un Patrice Evra à son niveau. Alou Diarra, malgré son erreur de marquage sur le but, a fait un match énorme au milieu de terrain. Samir Nasri a enfin trouvé le chemin des filets. Et certains mouvements offensifs dans un petit périmètre confirment ce que l’on avait décelé pendant les matchs de préparation, à savoir une complicité naissante au sein du trio offensif.

Bien sûr tout n’est pas bon. Il y a un manque criant de présence dans la surface adverse, et la charnière centrale laisse parfois trop d’espace entre les lignes (on peut d’ailleurs remercier Milner de ne pas savoir se servir de son pied gauche aussi bien que de son pied droit). Mais on ne peut utiliser Benzema uniquement en pur attaquant de pointe sans se priver de l’étendue de son talent, et faire jouer Giroud en pivot est impossible pour des raisons aussi bien pratiques (aucune profondeur de banc à ce poste) que tactiques (autant utiliser les nombreux talents que l’on a au poste de latéraux). Quant au duo Mexès-Rami on attend d’eux qu’ils soient à leur réel niveau.

Alors non tout n’est pas bon. Mais il y a du talent dans cette équipe. Ne nous contentons donc pas d’espérer, mais croyons en nos chances car elles sont réelles. Allez les Bleus !

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  • Charles

    titre très ambitieux sachant que lors des 2 dernières grands compétitions, la France n’a pas gagné un match et n’a pas dépassé les poules ;(( Mais pour le reste je suis plutôt d’accord avec toi. On a dominé le match, mais comme d’habitude, l’équipe adverse a été bien plus réaliste que la notre, alors qu’on leur était supérieur

  • HDK

    Certes elle n’a rien fait durant les deux dernières compétitions, mais la France marche par cycle. En 1998 et 2006, on restait également sur des échecs, cela ne nous a pas empêché d’avoir des bons résultats. Mais oui, en effet, c’est assez ambitieux. Je veux juste croire en cette équipe de France parce que le projet me plaît et que, l’Espagne mise à part, les grosses équipes n’ont pas été très convaincantes depuis le début de la compétition.